Donka, radioscopie d'un hôpital africain
Situé sur la côte occidentale de l’Afrique, à Conakry en Guinée, l’hôpital Donka ressemble à bien d’autres hôpitaux du continent: même corps à corps avec la souffrance, même lutte pour la vie qui tient parfois à si peu de choses: des médicaments introuvables, l’argent qui manque. Construit en 1959, à la fin de l’époque coloniale, il a été conçu sur le modèle européen, peu adapté à la réalité africaine. À l'époque du tournage, en 1996, cet hôpital est le plus important du pays, un établissement géré par l’État qui en assure les frais de fonctionnement et les salaires. Il offre tous les services spécialisés d’une grande institution. L’hôpital Donka est représentatif de la crise financière qui frappe le secteur de la santé en Afrique. Au fil des ans, il a accumulé un déficit budgétaire considérable que ni l’État guinéen, ni l’aide internationale ne peuvent ou ne veulent combler. Aujourd’hui, contraint de développer son autonomie financière afin de couvrir une partie de ses frais de fonctionnement, l’hôpital pratique une médecine payante, excluant les indigents, qui ne viennent à l’hôpital qu’en dernier recours. Le taux de mortalité en service de réanimation est de 75%. Tourné sur six semaines, le film montre des malades et leur famille, des infirmiers, des médecins. Ni voyeur, ni misérabiliste, il met en lumière le travail fourni par une équipe médicale remarquable. Si le film s’ouvre sur un décès, il s’achève sur une naissance, «métaphore de l’Afrique d’aujourd’hui, une Afrique qui veut se prendre en main, qui ne se contente plus de dénoncer les ravages du colonialisme et du Fonds monétaire international, mais qui travaille elle-même à faire naître son futur».