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Valvert

Valvert

Outil pédagogique à l'intention des infirmiers qui ne reçoivent plus de formation spécifique en psychiatrie, « Valvert » fait avec subtilité éclater ce cadre pour devenir un documentaire qui, certes, renseigne et apprend, mais surtout aide à ouvrir des perspectives, à poser des questions. Né de la psychiatrie institutionnelle, Valvert, créé au milieu des années 1970, est un hôpital psychiatrique proche de Marseille où règne « un esprit d'ouverture et de libre circulation ».

L'observation du quotidien et une grande place accordée aux patients sont la matière du film, où coexistent des entretiens avec des soignants ou du personnel non-médical de l'institution (comme la bibliothécaire/documentaliste), des moments d'interaction entre patients et soignants, des rites de la vie quotidienne (repas, prise des médicaments). Même s'il y eut des repérages importants et un projet en amont, « Valvert » illustre ce que la réalisatrice nomme « une ouverture formelle quant à l'acceptation de plus en plus grande de l'inconnu, du fortuit, au moment du tournage ». Et de poursuivre : « Le sujet reste proche de mes thèmes de prédilection : les limites du langage, les bizarreries, le quotidien... Une certaine folie finalement. Je crois que le lien existe aussi dans la recherche de situations, de scènes où le rire est possible. Je trouvais important de montrer que dans un lieu comme celui-là, où la violence et l'abattement sont souvent d'une intensité extrême, le sens de la dérision est présent et permet souvent de tenir le coup ».

L'avis de la bibliothécaire

Mouette Bizarre, Les alibis, Garques
Membre de la commission nationale coordonnée par Images en bibliothèques

D'une grande maîtrise formelle, le film d'Alexander Nanau dénonce un état rongé par la corruption et particulièrement le système de santé roumain. L'enquête est haletante, les découvertes toujours plus effrayantes, le constat affligeant.  Alexander Nanau filme au plus près le travail mené avec persévérance et courage par tous les protagonistes engagés avec cette volonté de faire éclater la vérité pour enfin rétablir la justice, des journalistes d'investigation puis le ministre de la santé fraîchement nommé.  Pour autant il ne perd jamais de vue les victimes présentes tout au long du film. Au-delà de la dénonciation d'une corruption qui semble impossible à enrayer, la qualité de ce film réside dans sa construction.  Alors qu'il a filmé en temps réel l'avancée de l'enquête et ses terribles rebondissements, Alexandre Nanau s'applique à nous donner des clés de compréhension d'un système défaillant mis en cause de différentes manières, permettant ainsi d'enrichir notre réflexion.

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Pour aller plus loin, lire le dossier de presse du film qui contient un passionnant entretien avec le réalisateur israélien Avi Mograbi. © Météore Films

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