Les Enfants sans ombre
Shaul Harel, pédiatre israélien, né en Belgique en 1937, a été sauvé de la mort grâce aux réseaux du Comité pour la défense des Juifs auquel ses parents l’avait confié à l’âge de cinq ans. De famille d’accueil en institution religieuse, changeant souvent d’identité, il a échappé aux rafles et survécu jusqu’à la fin de la guerre. En 1949, il décide de s’embarquer pour Haïfa et devient Israélien. Père et grand-père, Harel a dissimulé pendant 60 ans à sa famille son passé d’enfant caché. Par le biais du cinéma, il revient avec sa femme et ses filles sur les lieux de son enfance belge et, enfin, parle. Grâce à de nombreux allers et retours entre Tel-Aviv et Bruxelles, il retrouve ses amis, ex-enfants cachés comme lui, il visite les maisons bruxelloises où il a vécu, se recueille dans le Musée du peuple juif. Sobrement, le film fait alterner les images fixes, photographies anciennes et images d’archives avec les séquences au présent, les témoignages divers, tels celui du psychiatre Boris Cyrulnik, théoricien de la résilience, ou celui d’Andrée Geulen expliquant le fonctionnement de son association, le CDJ, qui a permis de soustraire 3000 enfants juifs au système d’extermination des Nazis. Des moments d'émotion pudique traversent le film qui se termine dans la sérénité. Cette histoire d’un destin personnel appartient d'ors et déjà à l’histoire universelle.